Le pétrolier Rosneft passe à l'offensive pour prendre le contrôle de la pépite russe de BP

Le pétrolier Rosneft passe à l'offensive pour prendre le contrôle de la pépite russe de BP

Rosneft aurait conclu un accord pour racheter les 50 % d’AAR dans TNK-BP pour 28 milliards de dollars. BP, qui en détient les autres 50 %, pourrait lui aussi céder une partie de ses titres. Des opérations qui changeront la donne sur le marché russe du pétrole.

Le pétrolier Rosneft passe à l\'offensive pour prendre le contrôle de la pépite russe de BP

Les grandes manœuvres autour de la compagnie pétrolière russe TNK-BP sont sur le point de connaître leur épilogue. Détenu à parité par le britannique BP et quatre milliardaires russes réunis au sein du consortium AAR (Alfa Access Renova), le groupe pourrait passer sous le contrôle du premier pétrolier russe, Rosneft. Les quatre hommes d’affaires, Mikhaïl Fridman, German Khan, Viktor Vekselberg et Len Blavatnik, ont accepté de céder leurs 50 % de TNK-BP à Rosneft pour 28 milliards de dollars, selon plusieurs sources de presse. L’accord aurait été conclu mardi soir.

Dans la foulée, BP pourrait céder une partie de ses titres au géant russe, selon une source citée par Bloomberg. Le groupe britannique, dont les relations avec ses co-actionnaires se sont fortement dégradées ces derniers mois, avait mis ses titres en vente en mai, et le délai fixé pour la remise d’offres potentielles doit s’achever ce matin. Aucune des trois parties n’a confirmé officiellement ces informations. Mais le vice-Premier ministre russe, Arkadi Dvorkovitch, a indiqué qu’une lettre d’intention avait été signée entre AAR et Rosneft.

Proche de Vladimir Poutine

Si ces accords sont effectivement conclus, Rosneft doublera quasiment de taille et contrôlera une production de 4,4 millions de barils par jour, selon les estimations de la Société Générale. Ce deal «  renforce le champion national de Poutine », souligne Iain Amstrong, analyste chez Brewin Dolphin, cité par Bloomberg. «  BP restera en Russie, mais peut-être de façon plus limitée» L’accord, qui doit être approuvé par le gouvernement, ne devrait pas se voir retoqué. Contrôlé par l’État, qui en détient directement 75 %, Rosneft est dirigé par Igor Setchine, ex-vice-Premier ministre chargé de l’Énergie, et proche du président russe depuis vingt ans.

L’opération permettra à BP de dénouer l’alliance conclue en 2003 avec les oligarques russes au sein de TNK-BP. Même si ce partenariat lui a rapporté 19 milliards de dollars en dividendes, et représentait le quart de sa production totale, les tensions entre actionnaires étaient devenues un réel handicap. BP avait notamment dû renoncer l’an dernier à une grande alliance avec Rosneft pour exploiter les ressources de l’Arctique. L’un des actionnaires d’AAR avait alors saisi la justice, au motif que le pacte d’actionnaires de TNK-BP interdit tout projet en Russie en dehors de la société commune. Et avait obtenu gain de cause.

Depuis, Rosneft a signé des accords sur l’Arctique avec ExxonMobil, mais la nouvelle donne pourrait relancer son partenariat avec BP. Ouvertement en négociation avec Rosneft pour lui céder ses titres dans TNK-BP, le britannique a proposé fin septembre à Vladimir Poutine d’utiliser une partie du cash récupéré lors de la cession, pour investir en Russie, mais aussi pour acheter une participation de 12,53 % au capital de Rosneft. Une proposition alors qualifiée de «  très intéressante  » par le patron de Rosneft. Reste à savoir combien ce dernier pourra débourser pour racheter la participation de BP dans TNK-BP. Selon des banquiers cités par Reuters, il aurait déjà réuni un financement de 15 milliards de dollars.

Source : Anne Feitz, Les Echos.fr

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