Le gaz, grand gagnant des transitions énergétiques

Le gaz, grand gagnant des transitions énergétiques

Une étude publiée cette semaine par le département recherche de Cheuvreux, filiale de courtage du Crédit Agricole, montre comment les transitions énergétiques entamées ou à l’étude dans le monde entier vont bénéficier en premier lieu au gaz

Le gaz, qui permet de répondre à une demande en énergie croissante dans un environnement bas carbone, est un bénéficiaire colatéral de la progression des énergies renouvelables au détriment du charbon et du nucléaire qui caractérise l’évolution du mix énergétique dans toutes les régions du monde. Les experts de Cheuvreux voient à cela plusieurs raisons.

10 à 50 GW produits à partir de gaz en Europe en 2020

Leur étude des évolutions prévues de l’offre et de la demande dans les différentes régions de consommation montre que les marchés européens de l’énergie seront surcapacitaires jusqu’en 2015 avant d’atteindre un équilibre puis une situation déficitaire à compter de 2020. L’Allemagne (qui prévoit de sortir complètement du nucléaire d’ici à 2022) sera le pays le plus fragile, même si 70% de l’ambitieux programme éolien offshore sont menés à bien, et si le solaire continue de se développer au-delà des prévisions actuelles.

Ils estiment donc à l’horizon 2020 un besoin de 10 à 50 gigawatts (GW) en Europe, à la fois pour pallier l’intermittence des énergies renouvelables et pour remplacer certaines capacités de production au charbon et au nucléaire. 10 à 20 GW pourraient provenir de nouvelles centrales.

Meilleure rentabilité à court terme mais risque à long terme sur le charbon

Dans un premier temps, le charbon continuera d’offrir une meilleure rentabilité (notamment grâce à un prix bas lié à la concurrence du gaz non conventionnel que les Etats-Unis pourraient être en mesure d’exporter d’ici quelques années). Mais il ne devrait cependant pas y avoir de nouveaux programmes de construction de centrales au-delà de ceux décidés avant 2008.

En outre, malgré les progrès technologiques permettant d’abaisser les émissions de CO2 des centrales au charbon et d’améliorer leur flexibilité, Cheuvreux voit un risque de long terme peser sur le charbon, en raison de la volatilité du cours de la matière première mais aussi de celle du CO2 émis par sa combustion dans les centrales thermiques.

De nouvelles centrales hybrides gaz/renouvelables

En revanche, les experts fondent beaucoup d’espoir sur un nouveau type de centrales hybrides gaz/renouvelables. La flexibilité du gaz en fait en effet le meilleur choix comme énergie de backup des énergies renouvelables, d’autant plus qu’en dehors du nucléaire, il est également le plus compétitif, bénéficie du plus faible contenu en carbone et présente le coût du capital le plus réduit.

D’après Cheuvreux, les ressources de gaz non conventionnelles ont fait passer les réserves totales de gaz de 120 ans à 250 ans au rythme de production actuelle, ce qui devrait contribuer à maintenir des prix bas.

Pour toutes ces raisons, le gaz devrait connaître la plus forte progression parmi les sources d’énergie après les énergies renouvelables. La construction de centrales devrait donc se poursuivre, avec des effets positifs sur toute la chaîne de valeur et l’écosystème.

Source : La Tribune.fr
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